Lorsqu’il rejoint l’ASVEL durant l’été 2022, Joffrey Lauvergne pense s’engager dans un projet appelé à grandir. Recruté en même temps que Nando De Colo, l’intérieur français doit constituer, avec l’ancien meneur des Bleus, l’un des piliers d’une équipe bâtie pour se rapprocher progressivement des playoffs de l’EuroLeague.
L’objectif présenté aux deux joueurs est alors clair : construire autour de leur expérience et permettre à Villeurbanne de franchir un cap européen dans un délai de trois ans. Une ambition qui, selon Lauvergne, n’a jamais véritablement pu prendre forme.
Des difficultés apparues dès la première saison
Au micro de SKWEEK, le joueur explique que les premiers problèmes ont rapidement perturbé le développement du projet. L’environnement sportif n’aurait jamais offert la stabilité nécessaire pour construire une équipe compétitive sur plusieurs saisons.
Plus que les résultats, Lauvergne pointe surtout le manque de visibilité autour de la stratégie du club. Durant son passage à Villeurbanne, il dit avoir régulièrement constaté un écart entre les ambitions présentées aux joueurs et la réalité rencontrée au quotidien.
Cette impression reste, selon lui, toujours d’actualité. Il prend notamment l’exemple de l’été 2026, au cours duquel l’ASVEL est passée d’un recrutement particulièrement ambitieux à une importante réduction de ses moyens.
Le club avait notamment attiré Sylvain Francisco avant de devoir le libérer seulement quelques semaines plus tard. Le budget initialement espéré, annoncé autour de 60 millions d’euros, a finalement été fortement revu à la baisse. Pour Lauvergne, cet épisode symbolise les difficultés récurrentes du projet villeurbannais à maintenir une ligne claire dans la durée.
Trois entraîneurs et une équipe constamment obligée de s’adapter
L’instabilité sportive constitue l’autre point majeur de son témoignage. La saison 2023-2024 reste particulièrement révélatrice : T.J. Parker avait d’abord été remplacé par Gianmarco Pozzecco, avant que l’entraîneur italien ne quitte à son tour le club quelques semaines plus tard. Pierric Poupet avait alors été promu à la tête de l’équipe.
Trois entraîneurs se sont ainsi succédé en très peu de temps. Une situation particulièrement difficile pour un effectif contraint de s’adapter rapidement à de nouvelles méthodes, de nouvelles responsabilités et de nouveaux principes de jeu.
Même plusieurs années plus tard, Lauvergne reconnaît ne pas avoir compris précisément les raisons de tous ces changements. Cette succession rapide sur le banc représente, à ses yeux, l’une des illustrations les plus fortes du manque de continuité rencontré pendant ses trois années à l’ASVEL.
Un regard prudent sur la situation actuelle
L’ancien intérieur villeurbannais tient toutefois à distinguer son expérience personnelle de la situation actuelle du club. N’étant plus présent dans les bureaux de l’ASVEL, il reconnaît ne pas disposer de toutes les informations concernant les décisions financières et sportives prises ces derniers mois.
Son constat repose donc principalement sur ce qu’il a vécu entre 2022 et 2025, ainsi que sur les différences observées entre les discours tenus et les décisions finalement appliquées.
Lauvergne laisse également entendre qu’il pourrait raconter davantage de choses sur son passage dans le Rhône. Il préfère néanmoins rester mesuré, suivant les recommandations de son avocat.
Tony Parker désormais attendu sur le banc
Concernant Tony Parker, avec qui il avait directement échangé avant de signer à Villeurbanne, Joffrey Lauvergne ne remet pas en cause la volonté de l’ancien meneur des Spurs de faire grandir le club. Il estime cependant que les ambitions affichées n’ont pas encore produit les résultats attendus.
Désormais entraîneur principal de l’ASVEL, Tony Parker ouvre un nouveau chapitre de son projet. Lauvergne lui souhaite de réussir dans cette fonction, tout en dressant un bilan particulièrement critique de son passage à la présidence.
Après plusieurs saisons marquées par les changements d’entraîneurs, les révisions budgétaires et les nombreux mouvements dans l’effectif, l’ASVEL doit maintenant retrouver une véritable stabilité. Le témoignage de Joffrey Lauvergne rappelle surtout qu’au-delà des ambitions et des recrutements, un projet européen ne peut se construire sans continuité sportive ni direction clairement définie.
Source : entretien de Joffrey Lauvergne accordé à SKWEEK.
